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Les Classiques du soin

Sous la direction de

Céline Lefève, Lazare Benaroyo et Frédéric Worms

 

SOMMAIRE

 

Introduction : Des classiques du soin

 

Première partie : Le soin chez les classiques

Hippocrate. Le médecin face à la maladie, ?par Denise Vincenti

Aristote. Care et politique,? par Joan Tronto

Pierre Hadot. Soin de soi, médecine? et philosophie, ?parFrédéric Worms

Montaigne. Médecin de soi-même, ?par Claire Marin

John Locke. Limites de l’anatomie? et art médical,? parClaire Crignon

Léon Tolstoï, Jacques Lusseyran, ?Siri Hustvedt. Être là,? par Jean Claude Ameisen

 

Deuxième partie : Les réflexions fondatrices

Michael Balint. La fonction apostolique ?du médecin,? parJean-Christophe Mino

Georges Canguilhem. Se projeter en ?situation de malade, ?par Céline Lefève

Emmanuel Levinas. La vocation médicale ?de l’homme, ?par Lazare Benaroyo

Paul Ricœur. Le triptyque de la relation médicale,? parDidier Sicard

Hans Jonas. Respect de la personne et besoins ?des malades (le cas de la mort cérébrale), ?par Valérie Gateau

Fritz Zorn. De la maladie au soin de soi, ?par Jean-Marc Mouillie

 

Troisième partie : Classiques d’aujourd’hui

Michel Foucault. Les deux sens de la clinique, par Frédéric Worms

Erving Goffman. Ce que l’institution fait? aux personnes, par Nathalie Zaccaï-Reyners

Anselm Strauss. La trajectoire de maladie, par Jean-Christophe Mino

Oliver Sacks. Voir le malade tel qu’il est, par Claire Marin

Annemarie Mol. S’abandonner activement, par Céline Lefève

Susan Sontag. Au soin de l’insensé, par Philippe Forest

 

 

Ce recueil de grands textes de médecine, de littérature,
de philosophie et de sciences sociales révèle combien
l’expérience de la maladie et du soin, qui était déjà au
coeur de la pensée la plus classique, est désormais classique
pour la pensée la plus contemporaine.

 

Il offre une vue panoramique des questions relatives aux soins
soin, saisies dans leur intemporalité et leur actualité.
Sujets vulnérables, de quoi avons-nous le plus besoin ?
Comment vivons-nous et agissons-nous avec la maladie ?
Quels sens lui donnons-nous ? Peut-on être médecin
de soi-même? Quels affects les relations de soin mobilisent-elles ?

Quelles vertus morales et quelles institutions
sociales requièrent-elles ? La médecine parvient-elle à articuler
art de soigner et science de la vie ? En quoi le soin
ébranle-t-il nos conceptions de la justice et du politique ?

 

Ce volume met ainsi au jour les tensions profondes du
soin : geste technique et relation éthique ; souci de soi
et présence à l’autre ; quête de sens et travail ; solidarité
et risque d’exclusion ; raison d’être ou point aveugle de
la médecine. Chaque texte est accompagné d’un commentaire
bref et clair qui s’adresse tant aux étudiants de
philosophie qu’aux étudiants de médecine et aux futurs
professionnels de santé (notamment aux étudiants de
Première Année Commune des Études de Santé).

 

Au delà, cet ouvrage orientera dans la pensée ceux qui
s’intéressent aux dimensions épistémologiques, éthiques
et sociales du soin.

 

Céline Lefève, directrice du Centre Georges Canguilhem,
est maître de conférences à l’université Paris Diderot où elle
enseigne la philosophie aux étudiants de médecine. Elle est
l’auteure de Devenir médecin (Puf, 2012).
Lazare Benaroyo est professeur d’éthique et philosophie
de la médecine et directeur d’Ethos, plateforme interdisciplinaire
d’éthique de l’université de Lausanne. Il a codirigé
avec C. Lefève, J.-C. Mino et F. Worms, La Philosophie du
soin (Puf, 2010).
Frédéric Worms est professeur de philosophie et directeur
du Centre international d’études de la philosophie française
contemporaine à l’École normale supérieure. Il est notamment
l’auteur de Soin et politique (Puf, 2012) et codirecteur,
avec C. Marin, de À quel soin se fier ? Conversations avec
Winnicott (Puf, 2015).

 

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Corps d’outrance

Souffrance de la maladie grave à l’hôpital

Karl-Leo Schwering

 

S’approprier son corps, faire sienne sa maladie, garder le lien avec sa vie : c’est tout l’enjeu lorsqu’en raison d’une maladie grave le corps perd de sa familiarité, lorsqu’il se manifeste dans son étrangeté, pub1-Karl-leolorsque les médecins et les soignants finissent par mieux le connaître et le soigner que nous-mêmes ou nos proches. Comment, dans ces conditions, rester soi-même ? Comment regagner sa souveraineté subjective et narcissique ? La réponse à ces questions exige d’étudier les processus psychiques à l’œuvre dans la maladie grave, et en particulier ceux qui relancent la subjectivité.

 

Ce travail d’appropriation signifie, pour le patient, de subvertir les éprouvés provoqués par la maladie et les traitements, afin de reconstruire un corps sensoriel et libidinal auquel il pourra de nouveau s’identifier. C’est grâce à cette « subversion libidinale » qu’il parviendra à raconter ce corps, cette maladie, ces traitements, de sorte qu’ils prennent un sens dans sa vie et dans son histoire.

 

208 pages – 26 € Parution le 16 septembre 2015

 

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Karl-Leo Schwering est docteur en psychologie, psychanalyste et psychothérapeute. Maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie à l’université Paris Diderot et directeur de recherche au CRPMS (Centre de recherche psychanalyse, médecine et société), il est formateur en psychanalyse d’enfants au centre Chapelle-aux-Champs de l’université de Louvain.