• Séminaire « Co-construire la recherche sur les questions hospitalières ? »

    Séminaire « Co-construire la recherche sur les questions hospitalières ? »

    Séminaires
    Le lundi 15 février 2021

    Coordination

    • Déborah Ridel (Clersé, Université de Lille)
    • Fanny Vincent (Triangle et Cermes3, Université Jean Monnet de Saint-Etienne)

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    Présentation du séminaire

     

    Le séminaire interdisciplinaire « Co-construire la recherche sur les questions hospitalières ? » est un des projets lauréats de l’appel à projets 2020 de l’Institut la Personne en médecine et co-financé par le CERMES et le CLERSE.

     

    L’action publique a fait de l’hôpital le centre du système de santé, et ces derniers mois ont rappelé combien l’institution concentrait les fragilités de ce système : alors que la grève initiée par les soignant.e.s des services d’urgences en 2019 est venue réaffirmer un manque de moyens criant face à une activité en constante augmentation, l’épidémie de Covid-19 a ensuite révélé la faiblesse des politiques de santé publique et celle de l’hôpital pour répondre à la pandémie. La convergence des réflexions portées par les soignant.e.s rassemblés au sein des Collectifs Inter Urgences et Inter Hôpitaux depuis bientôt 2 ans et des prises de position des chercheur.se.s en soutien a montré l’importance de croiser les regards pour s’interroger et comprendre la “crise” structurelle de l’hôpital. Engager une réflexion commune avec les acteurs de l’hôpital fait émerger en miroir la question de l’utilité et de l’usage des sciences sociales. Dans quelle mesure la portée du point de vue sociologique et plus largement des sciences sociales permettent-elles de comprendre la situation de l’hôpital ? Dans quelles conditions et comment les savoirs sont-ils produits ? Les catégories d’analyse mobilisées par les chercheur.se.s laissent-elles la possibilité d’entendre la manière dont celles et ceux qui y travaillent et y sont soigné.e.s les perçoivent ? L’objectivité et la scientificité, le fonctionnement du champ scientifique n’excluent-ils pas certains questionnements ? Comment les “acteurs.trices de terrain” peuvent-ils.elles mobiliser leurs analyses et leurs revendications militantes? La rupture entre la compréhension sociologique et le sens commun est-elle une nécessité ? La recherche peut-elle être militante ?
    Inspiré de la sociologie critique de Pierre Bourdieu et de la sociologie publique de Michael Burawoy, ce séminaire souhaite contribuer aux multiples questionnements qu’une démarche de co-construction des savoirs soulève, en prolongement d’une journée d’étude organisée en novembre 2019 sur ces questions. Interdisciplinaire, le séminaire croisera les interventions et les points de vue des différentes sciences sociales (sociologie, économie, science politique, histoire, etc.) ainsi que des médecins, infirmier.e.s, aide-soignant.e.s, syndicalistes, élu.e.s, usager.e.s et acteurs associatifs, militant.e.s, journalistes. Il sera aussi l’occasion de réfléchir aux difficultés que peut poser la pratique de l’interdisciplinarité dans nos disciplines respectives. Outre sa démarche réflexive sur la construction des savoirs et le rôle des chercheur.se.s dans la visibilisation des luttes et le débat public, le séminaire se veut enfin un espace de discussion de la recherche sur les questions de santé, au prisme de l’hôpital public, avec les acteurs de terrain et les citoyen.ne.s.

    Séance 1 – JEUDI 21 JANVIER, 9:30 – 12:30 – STATUTS ET CONDITIONS D’EMPLOI À L’HÔPITAL

    • Sophie Rétif (maîtresse de conférences en sociologie, IDHES-Université Paris X Nanterre)
    • Marion Mauchaussée (doctorante en économie, CLERSE-Université de Lille)
    • Julie (médecin intérimaire à l’hôpital)

    Cette séance sera l’occasion d’interroger les transformations du statut de la fonction publique et les formes des dérégulations qui l’accompagnent (augmentation du nombre d’intérimaires, recrudescence des contrats courts et des contrats de praticien.ne.s associé.e.s pour les médecins étrangers, fort recours au travail des étudiant.e.s en santé, etc.), en s’interrogeant sur leurs effets sur le travail des professionnel.le.s et la qualité des soins.

     

     

    Séance 2 – LUNDI 15 FÉVRIER, 16:30 – 18:30 – LES EFFETS DU COVID-19 SUR LA SANTÉ PUBLIQUE ET CE QUE CELA LAISSE PRÉSAGER DE « L »HÔPITAL DU FUTUR »

     

    • Sylvie Morel (maîtresse de conférences en sociologie, CENS UMR 6025)
    • Delphine Moreau (professeure à l’EHESP, Arènes UMR 6051)
    • Carole Di Maggio et Gabriel Robert (psychiatres au CH Guillaume Régnier)
    • Peggy Trocherit et Sabrina Lemercier (infirmières en Centre médico-psychologique, CH Guillaume Régnier)

    La pandémie du Covid-19 a engendré un bouleversement de l’organisation du travail et des pratiques professionnelles en psychiatrie du fait du développement massif des téléconsultations. En cela, elle a constitué l’occasion d’une expérimentation grandeur nature de pratiques de soins à distance dans un contexte politique qui promeut les virages ambulatoire et numérique dans le champ sanitaire. Quels ont été les effets du développement de la téléconsultation sur la prise en charge des personnes suivies pour troubles psychiques en ambulatoire et dans les services d’hospitalisation ? Lors de cette séance, nous interrogerons comment ces changements ont été mis en place, leurs bénéfices et limites perçues : qu’ont-ils permis ? Quels questionnements ont-ils suscité ? A quoi l’« accompagnement à distance » ne peut-il se substituer ? Que pourrait-il en rester après la crise ?

     

     

    Séance 3 – LUNDI 15 MARS, 17:00 – 19:00 – AIDANT·ES, USAGER·ES ET TRANSITION DES SOINS DE LA PÉDIATRIE AUX SERVICES ADULTES

    • Céline Gabarro (post-doctorante en sociologie, ILPEM)
    • deux pédiatres (hôpital Robert Debré)

    Cette séance abordera les enjeux de la transition des soins à l’hôpital pour les adolescent.e.s et jeunes adultes atteint.e.s de maladies rares. En interrogeant à la fois les patient·e·s, leurs parents et les pédiatres, elle permettra de mettre en regard les problématiques sociales, médicales et organisationnelles qui se posent au moment du passage des services de pédiatrie aux services pour adultes, en interrogeant plus précisément les enjeux posés par le virage ambulatoire, la collaboration entre l’hôpital et la médecine de ville, et la place des parents en tant qu’aidant·e·s.

     

     

    Séance 4 – VENDREDI 23 AVRIL, 10:00-13:00 – « COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ ? », UNE SOCIOHISTOIRE DES RÉFORMES HOSPITALIÈRES – Nantes (salle de la Manufacture, 10 blvd. Stalingrad – si le contexte sanitaire le permet)

    • Renaud Gay (post-doctorant en science politique, IRES-EHESP)
    • Rachel Bocher (présidente de l’Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers et cheffe de service de psychiatrie au CHU de Nantes)
    • Eric Favereau (journaliste à Libération)

    Dans un dialogue avec des acteurs syndicaux ayant suivi de près la transformation de l’organisation des activités médicales, cette séance discutera de l’évolution des réflexions politico-administratives concernant l’organisation interne des hôpitaux et leur traduction juridique depuis les années 1970. Derrière la continuité des solutions avancées (le regroupement de services au sein de « départements », de « fédérations » ou encore de « pôles d’activité »), il s’agira d’examiner les changements d’objectifs que celles-ci poursuivent (la «démocratisation» de l’hôpital, la «responsabilisation» des soignant.e.s) ainsi que les différentes conceptions du travail médical et paramédical qu’elles promeuvent.

     

     

    Séance 5 – MAI (date à venir) – QUEL AVENIR POUR LA PSYCHIATRIE PUBLIQUE HOSPITALIÈRE ? TOURNANT GESTIONNAIRE ET PHILOSOPHIE DU RÉTABLISSEMENT – CH du Vinatier, Lyon

    • Frédéric Mougeot (post-doctorant en sociologie, CMW)
    • Nicolas Franck (psychiatre et chef de pôle au CH du Vinatier)
    • Yves Rozet-Billet (cadre supérieur de santé au CH St Cyr aux Monts d’Or)
    • Benjamin Gauthier (infirmier en psychiatrie)

    Cette séance interrogera deux mouvements au cœur des mutations contemporaines de la psychiatrie publique hospitalière et du secteur psychiatrique : le tournant managérial et gestionnaire et l’intégration du paradigme du rétablissement dans les pratiques professionnelles. Cette journée fera dialoguer chercheurs.se.s en sciences sociales, médicales, syndicats et praticien·ne·s de la psychiatrie, afin de mettre en travail l’hôpital, au travers de ses réformes et de ses philosophies du soin.

     

     

    Séance 6 – JUIN (date à venir) – SE MOBILISER POUR L’HÔPITAL PUBLIC ? – Valence ou Die (à confirmer)

    • Fanny Vincent (maîtresse de conférences en science politique, Triangle-Université Jean Monnet de Saint-Etienne)
    • Collectif de défense de l’hôpital de Die
    • Collectif Inter-Urgences de l’hôpital de Valence
    • un·e élu·e local·e (sous réserve)

    Cette séance sera l’occasion de revenir sur l’expérience de plusieurs luttes de ces dernières années, nationales et locales : d’une part, la mobilisation nationale partie l’année dernière des services d’urgences et structurée autour du Collectif Inter-Urgences, dont l’hôpital de Valence a été un des moteurs, et d’autre part, la lutte de plus de 30 ans du Collectif de défense de l’hôpital de Die, notamment contre la fermeture de la maternité du service de chirurgie. Cette séance permettra, entre autres, d’aborder la place des patient·e·s dans les mobilisations pour l’hôpital public, ainsi que celle des élu·e·s locaux·ales.