• AXE 4 (en construction)
    Enjeux psychiques, sociaux et éthiques de l’e-médecine et de l’introduction des objets connectés en médecine

AXE 4 (en construction)
Enjeux psychiques, sociaux et éthiques de l’e-médecine et de l’introduction des objets connectés en médecine

Est en construction un quatrième axe consacré aux « Enjeux psychiques, sociaux et éthiques de l’e-médecine et de l’introduction des objets connectés en médecine ». La pertinence de cet axe se justifie par la nécessité d’articuler LPEM aux recherches médicales et épidémiologiques déjà très développées sur ces questions dans l’Université de Paris.

A la suite de la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (2009), se sont développés de nouveaux types d’intervention à distance par les professionnels médicaux : la téléconsultation (consultation à distance par un professionnel médical), la téléexpertise (sollicitation à distance de l’avis de professionnels en raison de leurs compétences spécifiques), la télésurveillance médicale (interpréter à distance les données nécessaires au suivi d’un patient), la téléassistance médicale (assister à distance un autre professionnel dans la réalisation d’un acte), et la réponse médicale (apporter une aide médicale). Ces interventions sont rendues possibles par l’essor des outils connectés et de l’intelligence artificielle. L’évaluation de ces dispositifs (au sens large, objets et organisations) se doit d’inclure non seulement les évaluations cliniques habituelles, incluant de nouvelles formes méthodologiques (évaluation en vie réelle) et médico-économiques, mais aussi leurs aspects subjectifs et éthiques. L’analyse des représentations, usages et valeurs des acteurs est un volet essentiel de ces travaux, car ces dispositifs ne produisent pas seulement un changement de l’expérience intime du sujet avec lui-même, mais interfèrent également dans la façon dont la relation thérapeutique entre le patient et son médecin, et plus largement son équipe soignante, va se nouer.

Des recherches étudieront les enjeux psychiques, éthiques et sociaux de l’inscription de la médecine digitale dans le vécu de la maladie notamment chronique. Pourront être étudiés : a) la manière dont la médecine digitale modifie l’identité du patient et son travail d’appropriation de la maladie, b) la manière dont elle interroge les définitions du normal et du pathologique puisque elle engage l’appréciation de son état par le patient lui-même, c) la manière dont elle transforme les expériences temporelles de la maladie chronique : entre instantanéité, flux ininterrompu et signification préventive ou prédictive des informations livrées par les objets connectés, d) la manière dont la médecine digitale renouvelle les questions relatives à l’autonomie individuelle, car elle implique, dans une optique d’autonomisation et de responsabilisation, la dépendance à de nouveaux dispositifs, l’intrusion dans l’intimité et l’influence sur la volonté de la personne malade. Le concept de « burden of treatment » illustre cette volonté de ne pas ajouter au fardeau de la maladie, e) la médecine digitale demande d’interroger la manière dont la médecine assumera son rôle de soin ainsi que les nouveaux rôles, les nouvelles professions et les nouvelles formations en matière de relations soignants/soignés. Comment faire de ces outils des supports pour la décision partagée et pour une médecine qui prenne en compte les valeurs des acteurs ?, f) la médecine digitale pose des questions de justice sociale. Quels obstacles sociaux, culturels, liés à l’âge, aux inégalités sociales, aux vulnérabilités diverses, aux pathologies elles-mêmes rencontrera-t-elle ?

Un séminaire interdisciplinaire est en cours d’élaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychanalyse, en santé publique, en médecine et en soins infirmiers afin de déterminer les problématiques qui structureront ces recherches et de construire les partenariats nécessaires.

Cet axe s’appuiera en particulier sur :

 

1 – un partenariat du DUSIR de Paris Diderot avec l’IUT de métrologie pour la formation de techniciens en santé connectée, ceci afin d’intégrer une dimension éthique dans leur cursus ;

 

2- des partenariats avec le pôle de recherches « Santé connectée, humain augmenté » de l’Institut des Sciences de la Communication (ISCC) et le Digital Medical Hub. Il s’agit de la première plateforme d’analyse et d’évaluation des objets connectés en santé, Hôpital Bichat-Claude Bernard (Pr. M.P d’Ortho, C. Lindenmeyer)

 

3 – un partenariat avec le Centre de Recherche Épidémiologie et Statistique Sorbonne Paris Cité (Paris Descartes).

Les thématiques étudiées :