• AXE 3
    Histoire et actualité des modes de subjectivation des médecins et des professionnels de santé

AXE 3
Histoire et actualité des modes de subjectivation des médecins et des professionnels de santé

Les thématiques étudiées :

La formation des médecins et des professionnels de santé :

afin de mieux comprendre les relations médecins-malades, il convient de penser ensemble, et dans leurs contextes historiques et sociaux, les modes de subjectivation des patients et ceux des professionnels de santé. Le programme se consacre en particulier à l'histoire et l’actualité de la formation des médecins et des professionnels de santé. La formation initiale, la socialisation, les pratiques des professions de santé connaissent d’importantes évolutions épistémologiques, organisationnelles et politiques. Elles sont émaillées de tensions et d’injonctions morales et politiques paradoxales : entre la prise en compte de l’expérience et de l’expertise individuelles du clinicien et du soignant et les normes conjuguées de la médecine fondée sur les preuves et du management hospitalier ; entre la persistance du modèle de la médecine aigüe et curative, et l’émergence d’une médecine du soin et de l’accompagnement ; entre la recherche du bienfait pour le patient et la conformation à des objectifs de santé publique. Comment médecins et soignants constituent-ils et conçoivent-ils leur subjectivité professionnelle, psychique, morale et politique ? Quelle écoute et quel soin peuvent être offerts lorsqu’ils sont aux prises avec l’incertitude et le risque, dans un système de santé aux ressources contraintes et en pleine mutation ? Comment instaurer la confiance entre les patients, leur entourage et les professionnels de santé, mais aussi entre les praticiens eux-mêmes et avec le système de santé ? Comment former dans ce contexte non seulement aux responsabilités professionnelles mais aussi à la responsabilité individuelle ?Il s’agit de fonder sur des recherches scientifiques en histoire, épistémologie, éthique, littérature et psychanalyse, et sur la connaissance des expériences internationales, des propositions pédagogiques innovantes qui pourront être mises en œuvre au sein d’USPC et, au-delà, au plan national. Le Programme constitue, à ce titre, un incubateur de propositions pédagogiques pour la formation médicale française.Le Programme interroge notamment la place et le rôle que jouent dans les cursus médicaux et infirmiers, en France et dans le monde, sciences humaines et sociales, et humanités. (Equipes impliquées : PRISMES Paris 3/ Centre Georges Canguilhem/ CRPMS/ LARCA/ UFR de médecine Paris Diderot/ IRIS Paris 13/ Univ. d’Amsterdam/Univ. de Montréal/ King’s College, Londres).Cet axe inclut des recherches pluridisciplinaires sur les « Perspectives post-coloniales sur les relations de soins – contextes africains et outremers français » qui questionnent la subjectivation des soignants et des patients dans les contextes post-coloniaux d'Afrique subsaharienne et des outremers français. Il s'agit d'envisager des formes d'interaction patients-médecins marqués par un contexte et/ou un héritage de hiérarchies raciales et politiques, de barrières linguistiques, de rareté des ressources et de migrations massives des étudiants et personnels de santé (resp. G. Lachenal SPHERE Paris Diderot, V.-K. Nguyen Collège d’études mondiales, J. Sakoyan EHESS, V. Muni-Toke IRD). Ainsi que des recherches sur « l'expérience subjective de la migration chez les médecins africains, les nouvelles géographies de la formation médicale en Afrique et le mythe du "brain drain" » (resp. G. Lachenal, A. Mendy Univ. Lausanne).

La médecine personnalisée :

un volet de recherches en histoire et philosophie des sciences portera sur « Médecine personnalisée et médecine racialisée » : la médecine "personnalisée" est souvent liée à la prise en compte des caractéristiques "raciales" des sujets. Si le développement de cette médecine ajustée à la "race" a fait l'objet de nombreuses études d'anthropologie ou de sociologie dans le monde anglo-saxon, l'analyse de son histoire et de la prise en compte en France de la caractéristique "raciale" ou "ethnique" dans la recherche et la pratique médicales restent à faire (resp. C. –O. Doron, Centre G. Canguilhem, SPHERE Paris Diderot).